samedi 16 janvier 2016

Mécanique matricielle et savoir vivre

kikoolol les zaminches!

 Je sais. Que de tristesse. Que d'attente. Mais oui, me voilà.
En ces temps incertains, je ne puis être aussi ponctuel qu'un décès de personnalité en ce début d'année morose, ou qu'un but, concomitant, d'Aaron Ramsey.

Non, malheureusement, à ma grande déception, telle celle ressentie lors de mes trente-trois printemps accomplis, je suis humain.
Entre les occupations familiales, mes représentations bouffonesques rémunérées et mes activités, je dois avouer que je n'ai plus une minute pour moi. Même ma vie sociale -pourtant déjà aussi pauvre qu'un réfugié Syrien au Danemark- est hypothéquée, au même titre que mon sommeil.

 Bref, je foir'fouille dans mes timeslots pour vous retrouver. De quoi redonner un peu de jeunesse à la génération qui a connu le "juste prix".

Mais cela n'altère en point le contenu, les sentiments et le respect que j'ai pour vous, cher lecteur.

Comment vous dire...

 Lors de mes dernières vacances, enfin, appelons les comme cela, ma femme eût l'ingénieuse idée de changer les miennes.
D'un commun accord -car il est vrai que je pouvais présenter des symptômes, plus ou moins caractéristiques, d'un burn-Août, alors que nous n'étions point en été- nous avions décidé d'une pause familiale.
Fichtre, il est vrai que nous n'eussions point été épargnés ces derniers temps. Mais des vacances, quelle drôle d'idée. Avec un enfant?

 Cela ne m'a jamais effleuré l'esprit. Et Dieu sait si j'en ai. Maintenant, lequel -de Dieu, sombre iconoclaste-?

 Nous partîmes donc, par un magnifique matin ensoleillé, une température printanière digne d'un barbecue d'ouverture de saison -nous sommes partis entre la date de naissance du fiston et le début de cette année placée sous le signe de George R.R. Martin pour le Showbusiness-, avec femme, enfant et chien, vers de nouvelles aventures.

 Détestant les surprises, car ne l'oublions pas, Dieu ne joue pas aux dés , je connaissais déjà le hasardeux programme: Center park en pays "pas Batave-mais-presque" en pré-apéro, nuit de folie à Cologne en apéritif, et repos dans l'Eiffel en plat de consistance. Du lourd.
Très lourd, surtout sur six jours.
 J'en suis toujours à me demander comment Dame Ygraine put me convaincre, si ce n'est peut être le fait que les prescriptions de mon médecin traitant concernant les Westmalles n'étaient pas remboursées par la mutuelle.

Bref, nous voilà en vacances.

 Après deux jours de repos familial, traduit par des allées-et-venues avec des valises plein les mains -oui, le center park est avec voiture le premier jour uniquement (et le dernier aussi, notez) , vous avez forcément oublié quelque chose dedans, une fois garé dans le parking a trois kilomètres de là, confortablement installé dans votre bunker- , les promenades avec le chien,  le petit découvrant les joies des satanées piscines, les plaines de jeux, le chien voulant aller voir ce qui se passe dehors.

La fête.

 Il m'est même arrivé de dire à ma chère et tendre: "il doit etre deux heure du mat', je vais me pieuter" alors qu'il n'était que neuf heures du soir.
 Oui, je parle comme ça avec madame. Ca vous choque?

 Elle pas.

 Il ne lui fallut pas deux jours pour m'acheter deux mirifiques livres, tous deux centrés sur la physique quantique, afin que je puisse enfin me sentir en vacances. L'un ayant pour sujet Max Plank, et l'autre, Werner Heisengergh. Deux précurseurs de la recette cultissime du lapin à la Chimay Bleu.

Après avoir dévoré les deux œuvres, magnifiquement commentées sur les tenants et aboutissants environnementaux de l'époque, nous voilà en route pour Cologne, la ville de l'eau, à peine reposé(s).

 Je commençais en effet à faire mes nuits.

Arrivés dans cette ville, magnifique avant le bombardement -qui fut plus de victimes civiles que militaires, mais on ne va pas refaire l'histoire de l'architecture Allemande, Speer étant de Mannheim- , une chose nous frappa. De plein fouet.
 Les cris. Les pétards. Diantre, il était pas midi.

 Partis nous réfugier dans le premier Biergarten trouvé sur un site qui ne me sponsorise pas, ayant découvert l'hospitalité Germanique avec un chien n'étant pas de pur race, je redécouvris, avec délectation, la gastronomie qui berça mon enfance dans un pays tant décrié pour ses pratiques fiscales. Schnitzels, Würsts, Sauerkraut. Et que dire? Avec ma chance légendaire, nous étions tombés dans la brasserie faisant la bière du coin.

 Le rêve.

 Dehors, la fête du nouvel an-pas-encore-arrivé battait son plein. Rentrés à l’hôtel, nous préparâmes nos affaires, et partîmes pour le réveillon.


 Je met un photo consensuelle pour les médias: "nous y étions":
Cathédrale de Cologne, 31.12.2015 21:01

Après moult atermoiements, je fais une magnifique ellipse sur les faits déjà relatés par les médias mainstream, nous revoilà à l'hotel.
 Une chambre. Ma femme, le petit, mon chien. Une chambre -je répète, mais c'est pour les esprits plus lents-.
 Je ne raconte pas la nuit de madame. Entre les cris et les pétards dehors, le petit blotti entre nous deux, elle ne ferma l’œil. Ça lui apprendra à faire des vacances.

 Le lendemain, nous quittons cette ville, pourtant chargée d'Histoire, vers des contrées moins hostiles.
Ah, l'Eiffel! Les randonnées, le coté typique de l'architecture du coin, les collines... 

 Mais en fait, tout ça, on s'en fout: tout s'est bien passé.

 La question est plutôt: mais que racontaient ces deux bouquins? il est ou le rapport avec le titre racoleur? (vous auriez même envie de rajouter un: "bordel de merde" que Bohr lui même n'aurait pu retenir)

 En fait, pour ne rien vous cacher, c'est ce dont je voulais parler depuis le début avec vous. Ceusse d'entre vous qui êtes ici, méritez le quarante-deux de ce billet, les autres ayant déjà abandonné à la première ligne. Ou à la quarante-deuxième. Mais tant pis.

 On y est.

 Il paraît que Goethe a influencé la physique quantique.

 Oui.

Saviez-vous que Heisenbergh -on va l'appeler Werner par simplicité-, trouva la théorie de la mécanique matricielle en faisant de l'escalade à Heligoland à cause de ses allergies, en répétant du Goethe à tue-tête?
 Et bien, cette mécanique matricielle, est équivalente à la l'équation de Shrödinger. Oui, le gars avec le chat.

Il faut savoir que les deux n'étaient pas vraiment alignés sur les théories quantiques.  Même un petit peu opposés. L'un parlait de particules, l'autre d'ondes, mais tout cela, vous le savez, c'est dans les cours d'Histoire qu'on devrait l'apprendre.

 Mails ils avaient tous les deux raison sur l'explication fondamentale du saut quantique: tu peux peut en baver, être en vacances et être heureux en même temps. Plusieurs états en même temps. Mais ou est la limite?
 En tout cas, si Goethe à inspiré les physiciens de  l'école de Copenhague, je me demande bien qui sera inspiré par les artistes en vue aujourd'hui.

Scopitone: Artistes en vue aujourd'hui. 
Je vous préviens, la chanson reste en tête.

Cela nous ouvre sûrement de nouvelles portes, mais lesquelles? Nous finirons bien par le savoir un jour.

Tout ça pour quoi?
 Bonne question. Comme le disait si bien Jules César, qui n'était pas à une citation près: "Gère tes quarks et ton spin t'aidera*". Je pense simplement qu'il voulait nous souhaiter ses meilleurs vœux pour l'année nouvelle.
 
Voilà qui est fait.


En vous remerciant, bonsoir.





*ou pas bien sûr, un sept-deux dépareillés peuvent aussi battre une paire d'As...

samedi 25 avril 2015

Cuisine, bière et catalyse hétérogène

Kikoolol les zaminches!

 Que de temps depuis mon dernier billet!
Pourtant, ce n'est pas faute de Mac Guffins, l'actualité en regorge, mais tout simplement cet incontournable manque de temps.

 Profitant d'un séminaire de ma chère et tendre moitié (et après, on viendra nous dire que la femme est l'égal de l'homme, alors qu'une moitié, on est bien d'accord, c'est moitié moins que moi, mais trêve de digressions, on va encore me taxer de misogynie alors que c'est une question de bon sens en plus d'une question mathématique). Profitant d'un séminaire de madame, donc -il faudrait décidément que j'arrête de m'interrompre, je perds moi même le fil de ma pensée-, j'organisai mon agenda en fonction du petit, étant en tête à tête père-fils.

 Aah, les joies de la paternité, créer des liens avec ses enfants, en faire des hommes, de vrais... Sans personne pour dire qu'à quatre ans, un enfant ne peux pas conduire une voiture, que Aliens n'est pas un film pour lui, ou qu'encore le junk-food, c'est mal, surtout devant la télévision à une heure indécente... Autant qu'il profite déjà de ce qu'il ne pourra faire une fois marié, non?

 Comme nous étions dans la veine "tissons des liens", nous avons été à Plopsaland avec les grand-parents. Je vous avais déjà expliqué en long et en large (et même en travers) que plus jamais je ne mettrais les pieds dans un parc d'attractions avec un enfant, mais visiblement les joies de la paternité nous obligent à faire des concessions.

 Bref.

 En route pour le Mordor des parents, le Westeros de l'âge adulte: le parc d'attractions pour enfants.

 A peine arrivés, voyant une espèce de lutin géant coiffé d'un ridicule couvre-chef à grelots, le petit prit peur, et voulu se lancer dans la première attraction pour éviter de se faire prendre en photo à ses cotés ou de lui serrer la main. Ça tombe bien, comme il ne regarde que des choses intéressantes à la télévision -grâce à votre dévoué-, il n'avait pas l'honneur de connaitre Kabouter Plop, et, autant s'amuser et nous changer un peu de Disneyland sans aller voir de pauvres étudiants sous-payés déguisés dans un ridicule costume qui les garde au chaud pendant la canicule. En plus, un vieillard avec un chapeau à grelots qui essaie d'attirer des enfants, par les temps qui courent, ça fait aussi peur aux parents qu'aux enfants.

 Las, la première attraction était une espèce de bateau à roues, d'un dessin animé qu'on ne connaissait pas, mais qui permettait une bonne mise en jambe: même moi, je l'aurais bien tenté; le tracé des rails avait dû être dessiné par un architecte ferroviaire en mal de sensations. Ou sous fort psychoanaleptique. Ils auraient eu les même en quarante... enfin, je dis ça, je dis rien. D'ailleurs, je ne vais plutôt rien dire, des fois que.

 Dès la première vrille, je sentis que l'enthousiasme du fiston commençait à s'émousser.Tenant de toutes ses mains la barre de sécurité, je voyais une petite lueur d'inquiétude grandir dans ses yeux.
A la deuxième, je pense l'avoir  définitivement perdu pour faire le Kingda Ka ou le Top Thrill Dragster cette année. Ce qui m'arrange un peu, c'est pas la porte à coté, autant le faire l'année prochaine et planifier pour l'occasion une descente familiale du Colorado en rafting.

 Catalysé par cette première attraction il enchaina les autres avec une frénésie rappelant les femmes lors des soldes du Boxing day.
 Des auto-tamponneuses, à la rivière sauvage, son enthousiasme fit plaisir à voir. De plus, pour ne rien gâcher, le cadre était assez magnifique, malgré le nombre incroyable de bataves qui peuplent nos contrées ardennaises. Bon, de l'aveu même de ces bataves, les Ardennes, c'est un peu leurs alpes, leur montagnes. Quel manque d'ambition. A moins que ce ne soit leur légendaire avarice? Vaste débat!
 Enfin, ca lui aura fait un plan langue à peu de frais.

 
Que d'occupations. C'est vrai que lors de la soirée qui suivi, il fût bien calme, et ne rechigna pas à aller dormir. Rare délectation, cette journée fût parfaite.

 En reparlant plus tard de cette folle journée avec mon ami Georges, il me rappelai que ce phénomène de catalyse se retrouvait également dans notre vie de tous les jours. Entre la lampe Berger, le pot catalytique, et le fameux magret à la dagibbon, il y a des exemples de tous les jours qui illustrent la chimie amusante: point besoin de Sarin ou d'Ypérite pour s'amuser! C'est vrai qu'enfant, à défaut de Napalm, j'avais concocté un ersatz à base de feuilles de gelée de de super 98. Cuisine et chimie, comment les dissocier? La cuisine n'est-elle pas de la chimie?

Sans pousser dans la cuisine moléculaire, on peut le démontrer facilement!

 A la demande de Georges, je vais vous expliquer les magrets à la dagibbon, également appelés n°1337 dans certains restaurants asiatiques ou encore, plus simplement, magret à la Westmalle et au miel.

 Pour faire cette expérience de chimie amusante, il vous faut plusieurs réactifs:
- des oignons grelots (deux par magret)
- de l'ail (deux éclats par magret)
- de la westmalle (un bac pour 4 magrets)
- un bouquet garni, herbes de provence
- sel, poivre, paprika doux, purée de piments (personnellement, je préfère le fatali, il se marie parfaitement avec le miel)
- miel

 Mise en place de l'expérience:

 Préparez le gras du magret: quadrillez le gras sans atteindre la viande. Insérez deux éclats d'ail dans le gras.

Aucun animal n'a été blessé durant ce documentaire
  Ensuite, coté viande, salez, poivrez, et ajoutez du paprika. Tartinez généreusement de Miel.

On pourrait appeler cela un magret façon Winnie de Pooh, mais on doit payer des royalties aux ayant-droits du moustachu mysogine

Mettez le tout dans une casserole, avec la bière, les oignons, les herbes et le bouquet garni.

Le magret doit être totalement sous la bière: le canard aime le liquide

 Normalement, il vous reste de la westmalle, prenez en une: le tout  doit mariner au moins quatre heures au frigo.

 Maintenant, préparons le catalyseur. La chose qui fera que ce magret ne sera pas un bête magret bière-westmalle.

 Faites revenir deux oignons dans une casserole avec une gousse d'ail dans de l'huile d'olive. Ajoutez un bouillon de légumes dissous dans dix centilitres d'eau. Ajoutez une cuiller à soupe de sauce soja, trois cuillères à soupe de Miel. On devrait avoir quelque chose qui ressemble à la figure B12.
 Ah, on a prévu un bac de Wetmalle, et il en reste dedans? Prenez en une.

Figure B12

Pourquoi la figure B12 me direz vous? Tout simplement par ce que ce sont des vitamines qui manquent typiquement à ces hurluberlus de végétariens. Et j'aime bien les taquiner tant qu'ils sont en bonne santé.

 Réservez dans un récipient, et à ce moment là, vous incorporez la purée de piment et vos épices préférées.

Figure 1
Dans la figure 1, nous voyons que nous n'en mettons pas de trop -on dîne avec des femmes ce soir-, mais vous pouvez ajuster à votre guise.

 Ensuite, c'est simple: cuisez les magrets au barbecue (10-15 minutes), chauffez doucement le catalyseur et ajoutez y le jus de la marinade. Badigeonnez le magret de cette sauce pendant la cuisson. Et hydratez-vous: il fait toujours chaud près d'un barbecue. C'est pas pour rien qu'on a prévu un bac de Westmalles que diable!
 Je laisse toujours le catalyseur et la marinade revenir à coté des magrets, en plus du nappage, ça fait une sauce pour votre plat.

 Et tout ça pourquoi me direz-vous? Pour prouver qu'une moitié, aussi femme soit-elle, est inférieure à l'homme? Que la guerre dans le monde, c'est pas si mal?
Que nenni!
Tout simplement pour faire de bons barbecues.

Vous savez? Ces moments ou l'homme revient à sa source: feu, viande et bière, pendant que les femmes font les salades, et puis, peu après le repas, pendant que les élites de ce monde dissertent sur l'utilité de catalyseurs dans l'humanité à grand coups de catalyseur alcoolisés, feront la vaisselle qu'elles font si bien.

 Fichtre, que la vie est bien faite. Quelle belle évolution que celle de l'homme. Je pense que nous sommes arrivés à notre summum.

 Bon, je vais me faire une réserve de caillets et de produits de vaisselle.

Comme ça, tout le monde est content pour cette saison de barbecues.


En vous remerciant, bonsoir.

samedi 24 janvier 2015

Comme un Aspect de morilles...

Kikoolol les Zaminches!

 Je sais, mes messages ont beau s'espacer, le métronome mensuel -et non menstruel- est bien là, nous sommes en Janvier, et le message tant attendu par mon ami Georges est là.

 Bon, il n'y a pas que Georges qui attendait ce message, certes. Je sais que vu l’actualité et la conjoncture géo-climato-maçonico-politique actuelle, vous attendiez tous de mes nouvelles.

Et puis, non. Rien.

Novembre... en Décembre? Et quoi? Janvier en Février et puis broquette?

Nada?

Non.

 Il faut dire que j'ai mes occupations également. Instruire les masses, ouvrir les esprits et partager sur les sujets de pointe -tel l'utilité de l’unité 731 sur le vaccin contre le VIH, par exemple-, n'est malheureusement que secondaire dans ma vie trépidante et enviée de tous.

 Pourtant, je sais que je suis scruté, observé, et pas seulement par la NSA pour les mots clefs que je mets astucieusement dans mes messages. Notez que c'est futé pour les statistiques de lecture.
 Mais non, je manque seulement de temps. On me paierait pour le faire , vous auriez des nouvelles plus souvent.

 Mais bon. Quoi de neuf, si on n'a le temps de causer?

 Ah, la bonne question a deux francs six sous!

Je vous parlerai bien des mœurs des contrôleurs fiscaux enragés dans nos contrées, ou encore des syndicalistes en liberté sur nos routes, mais que nenni!
 Je ne vous parlerai point des points faciles à disserter! Même si cela ferait beaucoup de matières.
Oh, vous pourriez également attendre une analyse pertinente, faite au scalpel, voire au couteau -tel Ken, du haut couteau de cuisine-, sur l'actualité, mais non. Nous manquons encore de recul, même si vous vous appelez aussi Charlie.

 Faisons dans le complexe. La friandise de nos esprits supérieurs, la quintessence de notre singularité humaine, à ne pas confondre avec la singularité gravitationnelle. Bref. Allons plus loin. Si vous le voulez-bien.

Prenez une paire de gants, des bâtons de marche et allons-y!

 Je vais vous conter une parabole, une fois n'est pas coutume. Ami Athée, restes, tu ne seras pas...en reste.

(fichtre, le niveau baisse).

Allez, appâtons le chaland! (certes, grossièrement)


Nous étions en train de disserter sur la réalité du réchauffement climatique avec nos collègues, ou, pour les plus téméraires d'entre nous, sur son origine Anthropique, lorsque Jean-Louis Dieu vînt s'asseoir à mes cotés.

 La barbe filocheuse, les cheveux au vent; tel un Beatle perdu en nos bureaux; l’œil hagard (du midi), la stature forte et l'auréole altière. Il me regarda fixement dans les yeux. Comme ça.

Non, Mieux.

Comme ça.

 Je regardai mes collègues, un œil interrogatif: "cela m'arrive t-il réellement?".

Non.

Le regard vitreux habituel de mes collègues, rappelant celui du Hareng saur, me révélait que j'étais en réunion. Et que de facto nous ne parlions pas réchauffement climatique, mais plutôt "project board and business requirements". Bref, du "buziness bullshit", comme on dit dans certaines boîtes, pourtant réputées.

 Enfin. Meeting, quoi.

 Chacun pour soi.

 Jean-Louis donc, alors que je pensais qu'il s'appelait Marcel, me demanda une requête assez inhabituelle. En ces mots, il me dit: (sic) "Broquette de viole, faut tous les buter".

 Fichtre. Les buter?

 Mais qui? Les écolos? Les socialistes? Les libéraux? Les communistes? Pire? Les bobos?

 Il me regarda d'un regard exprimant le regret, penchant la tête tel le cerveau, puis me susurra à l'oreille: "non, les cons".

 Je le regardai en retour, je lui dis: "on est foutus, ils sont partout".

 Merde quoi, il a créé le monde, il revient en meeting un vendredi après midi -en plus-, et puis il me dit qu'il a merdé un truc?

Moi, je fais avec depuis que je bosse. Je vais pas commencer à buter des cons, y en a qui peuvent être des connaissances, voire des potes... Non quoi...

 Quand on merde quelque chose, on assume. Que ça soit Jean-Louis ou Marcel.

 On a été aux "pisswars" comme on dit a Anderlecht, puis je lui ai dit (comme on dit a Bruxelles).

 Il me regarda en retour, sourire narquois, et s'éclipsa.

Bravo le courage.


 C'est pas comme ça que ça marche.





 J'ai beau faire acte de présence ou que je suis (enfin, on est d'accord, c'est du JAADTOLY speaking quoi, hein?), mais faut pas pousser bobonne dans les orties non plus hein.

Merde quoi.
 
 Puis je me suis rappelé de la formule de Dieu.

 Oui, c'était évident!

 Je touchais au but! Marcel -ou Jean-Louis- Dieu sentait que j'arrivais au but, mais voulait me détourner de mon objectif initial, en me mettant de vils bâtons dans les roues!

 J'ai compris.

 Nous y sommes.

 Comme largement expliqué dans le livre mentionné plus haut, la physique quantique va encore une fois tout nous expliquer.

 Mais expliquer quoi, diantre, me diriez vous?
 Que l'incertitude d'Heisenberg nous fera mieux comprendre Breaking Bad

Non.

 La physique quantique va nous expliquer que l'Aspect des choses va tout changer.

Tout de suite, ça change la donne.

 Pris d'une folle envie de cuisiner, comme cela arrive souvent lorsque je parle mécanique quantique, je préparais mes couteaux, poêles, et autres instruments.
C'est alors que frère Boudin m’apparut.

Bon sang, mais c'est bien sûr! Une omelette aux morilles!

 Alors, pour comprendre l'Aspect de ce monde, chose n'étant pas donnée au quidam, il nous faut des produits frais.

 Bon, des morilles séchées peuvent faire l'affaire, mais ça complique une chose déjà très complexe.
Faisons dans le simple: si elles sont séchées, faites les réhydrater (ouh, le vilain mot) dans un bol d'eau tiède pendant 20 minutes.
 Après, nous serons -très vaguement- à égalité avec des morilles fraîches. Egouttez.

 L'omelette aux morilles est une des façons les plus facile de sublimer le goût de cet eucaryote, sans devoir forcément recourir à des artifices culinaires.

 C'est en fait une façon simple de procéder pour toute la famille des mycoses. Enfin, presque. Je vous conterais des expériences qui auraient mal tourné, mais ça nous enlèverait l'envie de cuisiner.

Bref.
Nous avons donc des morilles, et nous les coupons en tranches d'environ cinq millimètres.
Ah, je me rend compte que j'ai oublié d'énumérer les ingrédients.

 Donc, pour l'expérience d'Aspect, il nous faut:
  • 200 gr de morilles
  • 2 gousses d'ail
  • 6 oeufs frais
  • 10cl de crème épaisse
  • muscade, sel, poivre ET RIEN D'AUTRE!

 Yen a qui se font chier avec des cyclotrons.  Je comprendrais jamais.

 Bon.

 Vous êtes dans le CERN de votre cuisine. Vous voyez l'aspect des choses autour de vous.

On ne se sent jamais vraiment bien dans une cuisine. C'est normal. Prenez une Westmalle, ça rassure. C'est pas compliqué, elle doit se trouver dans l'espèce d'armoire normande blanche -ou autre couleur si vous êtes... différent- et servez vous un verre. Enfin, une Westmalle faisant minimum 33 cl, ca en fera plusieurs, mais ce n'est point la question.

 On est mieux là, non? L'aspect des choses semble être plus concret non?


 Nous mettons les morilles dans la poêle avec un peu d'huile (pas d'olive de préférence, c'est comme pour la mayonnaise), et d'ail émincé. Le mieux: au beurre. Laissons les rendre les eaux. Ça marche avec des morilles fraîches ou sèches réhydratées.
Bon, le beurre, c'est mieux
 Mettez un peu de crème, doucement. Vous voyez, l'inégalité de Bell s'affirme: l'ail cuit plus vite que les morilles! Faites attention a la cuisson!

 Ne ratez pas votre coup.
Rajoutez la crème, afin d'homogénéiser le système.

 Là, ne faites pas de fautes. Une fois la cuisson modérée par l'apport de frais, salez, poivrez.

Poivrez fort. Un peu de muscade.

 Ajoutez les œufs dans la poêle. Violemment. Le système quantique aime la violence, il comprend des gaps. Mais n'allons pas trop loin.

Quelle violence. C'est pas les vacances!
 Faites suivre à feu modéré.

A l'obtention d'une bonne omelette, servez.

 A déguster avec un Orval jeune, ou un Pinot noir rouge d'Alsace, voire mieux, une Westmalle triple.

Fête.

Mais nous sommes dans un cours de cuisine ou quoi?

Non, cher ami!

 Cette parabole (sic, confer infra), n'est que l'application de l’expérience d'Aspect!

La Westmalle que nous avons ouverte au début... N'était pas la seule! la preuve, la prochaine nous attend pour la dégustation...Comme quoi, l'intrication quantique nous réserve pas mal de surprises!

En vous remerciant, bonsoir.

Ah, pour les caillets... je dois voir...




PS: je ne résiste pas  à l'idée de vous mettre les dernières progressions de nos amis Russes en la matière (merci au Pr. Dkill Alex -de l'institut-).
 Amuseer.

samedi 10 janvier 2015

Et bonne année...

Kikoolol les zaminches,

 Je sais, je me fais discret ces derniers temps, mais en plus du temps qui manque et qui passe, il faut avouer qu'il est assez mauvais...



Enfin, meilleurs vieux.... et à bientôt!


PS: n'oubliez pas de faire vos caillets, l'hiver sera rude!

vendredi 10 octobre 2014

A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto (hips)


Kikoolol les zaminches!

Petite éclaircie en ces temps moroses, une lueur de soleil en cette météo pourrie. Non pas ce présent message, mais bien la grande nouvelle qui est passée inaperçue parmi le lot quotidien d’atrocités découlant inéluctablement de l’imbécillité humaine.

Mais quelle nouvelle me direz-vous ? La guerre en Syrie ? L’Ebola ? L’accord gouvernemental ?

Que nenni.

Rien de tout cela.

Non, on vient simplement de scientifiquement démontrer qu’il y a probablement une vie après la mort.

Fichtre.

Il va falloir se tenir à carreau dès a présent, comme disent les joueurs de Whist. Si le Grand Barbu ou le vilain monsieur à cornes avec sa fourche n’ont pas été le sujet de l’étude, il faut avouer que ça la fout mal. Imaginez-vous un instant que ce qu’il est écrit dans les best-sellers comme la Bible, le Coran ou la Torah soient la Vérité ? Vous voyez les chariots de feu descendre sur terre pour séparer les Justes des autres ? Vous vous voyez vivre sur des nuages, à jouer aux boules, ou pire, dans les flammes, sous les coups de fourche de Jean-Louis Satan ?

Il va falloir repenser notre style de vie, au cas où. Des fois qu’en plus, l’enfer ou le paradis existent.

Cela compliquera encore et surtout l’éducation. Hier encore, j’essayais d’expliquer le concept de la mort à dagibbon junior –bien qu’il en ait déjà eu un aperçu- tandis qu’il me demandait, naïvement : « pourquoi mamie est vieille ? ».

Évidemment, parler du concept de la vieillesse implique de facto de parler de la mort. Le vieux y étant, en grande majorité, plus confronté que le jeune, à moins que le susdit jeune n’habite en Sierra Leone, bien sûr. Ah, cette insoutenable légèreté de l’être qu’ont les enfants face à la vie. Notez que je n’ai pas lu le livre, je garde cela pour mes prochaines vacances. Paraît que Kundera est assez bon.

Mais trêve de digressions.

Mamie est vieille. Cruelle vérité sortant de la bouche d’un enfant. Maintenant, s’atteler à l’explication du pourquoi de l’obsolescence programmée de l’être humain est une autre paire de manches.

Est-ce pour que les plus anciens partent en éclaireur dans l’autre vie ? Est-ce pour nous faire de la place en ce bas monde ? Ou est-ce tout simplement pour nous foutre la paix ? Car il est de notoriété publique que les vieux, en plus de sentir la résine de conifère, font chier les plus jeunes. Endora étant l’exemple type.



Et ce n’est que Thémis que les vieux meurent, leur dessein étant de pourrir la vie des autres. Quelle ironie quand même que de finir la vie en pourrissant celle des autres, avant de soi même servir de nourriture aux vers, tout en subissant le même sort.

Étant moi-même un vieux con en puissance, j’ai prévu de quoi pourrir la vie des autres pour plus tard. Je provisionne. Déjà que d’aucuns me reconnaissent un certain talent à emmerder mon entourage en ce moment, je vous promets que dès l’apparition de mes premiers cheveux blancs, je redoublerai d’efforts. François Pignon aura l’air d’un piètre débutant à coté de moi, je vous le dit ! Comme disait le philosophe: "Le pire con, c'est le vieux con. On ne peut rien contre l'expérience."

C’est cocasse de remarquer qu’enfant, on n’est déjà pas très futé. Adolescent, nous frisons déjà la connerie. Adulte, la majorité de nos congénères sont d’une bêtise abyssale. Et vieux, on est définitivement perdu. A croire que la sagesse soit de la connerie. Cela signifie t’il que l’au-delà soit peuplé de cons ? C’est une question bien légitime. Et y répondre fait déjà peur. Car si nous regardons la corrélation entre la connerie et l’âge, et l’âge moyen des gens qui passent dans l’autre vie (puisqu’on vient de prouver qu’elle existe), l’au-delà à l’air aussi accueillant que le club med de Kobané.

C’est décidé, je ne mourrai pas. Question de principe. Puis je préfère être un con solitaire que de faire partie d’une bande de cons. J’aime préserver mon identité.

Puis de toute façon, j’ai rencontré Dieu. Aux toilettes.

C’était un vendredi après midi comme les autres. J’avais un petit besoin, et il m’est apparu là, comme ca, pouf. Entre l’urinoir et le lavabo.

On a causé un peu du bout de gras, de la météo, des résultats de football, bref, les lieux communs lorsque nous devons parler aux toilettes quoi. Puis tout d’un coup, il se tourne vers moi et me regarde droit dans les yeux, et me dit sur un ton dont lui seul a le secret : « quarante-deux ». Après m’avoir révélé cela, il sortit des toilettes en émettant un gaz intestinal nous rappelant que les flageolets ont une grande part de responsabilité sur l’effet de serre. Je devinai le sourire de satisfaction du vieux barbu en refermant la porte, me laissant dans les émanations divines.

Donc, nous en sommes toujours là. Quarante-deux.

L’ayant recroisé plus tard, lors d’une fin de soirée poker, au détour d’une Westmalle, il m’avoua que certains ne vont pas dans l’au-delà, et que par exemple, Elvis n’était pas mort.




Voilà qui remettait tout en cause.

Je ne savais plus ou j’étais. Cette remise en question du tout, de la vie, de l’univers et du reste me mis en émoi, comme le disait si bien Jacques Dutronc. J’en parlai à ma femme, mais en tant que sociopathe pratiquante et pragmatique, elle ne me crut pas un seul instant. Je me tournai vers Georges, mon ami imaginaire qui a tant de classe et d’empathie, mais malheureusement, c’était son jour de RTT.

J’étais donc seul devant cette révélation, au bord de l’abyme. Dure réalité, l’hiver étant à nos portes, je me résolus à aller couper des caillets pour me changer les idées. Lors de la ouitième stère, je m’en rappelle comme si c’était hier, l’Illumination vint :

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Quarante-deux ! C’est quatre et deux ; or un bac de Westmalles, c’est vingt-quatre bouteilles ; deux et quatre ! Deux et quatre, le commun dénominateur.
Mais que nous disent les Mathématiques ? En substance : la multiplication est commutative. Cela signifie que 2x4 = 4x2, ce qui nous fait ouit, base du système octal. Mais qui dit octal dit Octave, or plus on a d’octaves plus la voix est grande, et plus la voie est grande, plus elle est facile à suivre. On en déduit donc que Maria Callas aimait la Westmalle et qu’elle est probablement sur une île avec Elvis et Tupac.

CQFD.

Voilà, cher lecteur, après cette révélation, je vais aller me reposer un petit peu, je pense l’avoir bien mérité.



En vous remerciant, bonsoir.

vendredi 12 septembre 2014

Cuisine, bières et physique quantique

Kikoolol les zaminches!


Un kikoolol un peu frais pour un été (oui, l’été, c’est bien jusqu’au 21 septembre), qui devrait être synonyme d'échange entre le Saint-Julien et le Bandol, mais qui tarde quelque peu à s'échauffer.

Y a plus de saisons.

Pour tout vous dire, je pense que j'ai allumé si peu de barbecues cet été que Django Reinhardt pourrait les compter sur ses seuls doigts valides. Un désastre.

Mais alors quelles nouvelles me diriez-vous ? Bonne question !

Et bien, pour paraphraser un ami somalien de longue date, il y a à boire et à manger. Outre le temps qui n’a pas l’air au courant que nous sommes bien en été, les vacances furent, comme à l’accoutumée, trop courtes. Même si l’adage veut que les plus courtes soient les meilleures, dans ce présent cas, je les préfère plutôt longues.

Des vacances comme nous les attendions, un peu fraîches, certes, mais reposantes. Oh, je ne vous ai pas oubliés, non, mais je manque cruellement de temps pour vous faire un petit coucou mensuel. J’ai donc sauté les deux mois de vacances, et aux dires de certains, je vous ai manqué.

Mais c’est la rentrée ! Rassurez-vous.

Enfin la routine rassurante, le boulot-métro-dodo, les bouchons à l’entrée de Bruxelles, cette météo qui sera enfin en concordance avec la saison, bref, un nouveau départ.

Afin de mieux le préparer (le départ, suivez un peu diantre !), je me suis dit : « Tiens, mon vieux (oui, quand je me parle, je m’appelle mon vieux, je suis assez familier avec moi-même), ne serait-il pas temps de commencer à grandir, montrer la voie de la sagesse à ton fiston, et, pourquoi pas, en acquérir un petit peu au passage ? ».

Quel programme ! De la sagesse, voilà ce qui me faisait cruellement défaut depuis tant d’années.

Les bonnes résolutions prises, je m’en allais d’étape en étape sur la voie qui allait faire de moi une lueur dans cette société sombre, tel un phare guidant les bateaux en perdition dans une mer déchaînée.

Je commençai par me débarrasser de ma voiture de coiffeur, pour prendre une voiture plus adaptée à nos contrées rustiques voire campagnardes. Un modèle doté d’un pare-buffle afin d’éviter de rayer la carrosserie avec ces cyclistes décidément trop envahissant sur nos routes  en cette fin d’été. Ensuite, je me renseignais sur les méthodes pour arrêter de fumer. J’avais bien d’autres idées pour la suite, mais j’allais au devant d’une terrible catastrophe : « Quelles auraient été mes bonnes résolutions au seuil de la future année nouvelle si je les prenais toutes au milieu d’une année ? »
 Fort de ce constat, je décidai d’une pause dans cette quête endiablée vers la sagesse.

Ce fût lors de cette pause que je me fis arrêter par la maréchaussée pour « vitesse inadaptée » au retour d’une dure journée de travail. Il faut avouer que la voiture de coiffeur avait tendance à pousser au delà des limites autorisées sur route ouverte.

- Papiers s’il vous plaît

- voici

- Saviez-vous à quelle vitesse vous rouliez ?

- Désolé monsieur l’agent, aucune idée. Il faut dire qu’après dix westmalles, le compteur est assez flou à mes yeux, et j’étais en train de régler le volume de mon autoradio car le bruit du rutilant V6 servant de moteur couvrait le son de la magnifique intro de Hocus Pocus  que je faisais écouter au téléphone à un pote, alors vous voyez… Par contre, je sais ou je suis.

- Vous savez ou vous êtes ?

Las, cet inculte, peu aux faits des théories de mécanique quantique, ne fit pas le lien avec le principe d’incertitude.

- Ben oui.

Je me mis en tête de lui expliquer que connaissant ma position, je ne pouvais, de facto, connaître ma vitesse.

Après deux heures de théorie et d’exemples, je fus emmené au poste, ou l’on me reposa la question.

-Vous étiez à quelle vitesse ?

M’énervant devant autant de paresse intellectuelle, je protestai vivement contre cette détention arbitraire, et demandai à voir mon avocat. Après un brillant exposé de maître Folace, je fus libéré séance tenante. Avec les remerciements d’usage, un verre d’apéro, et pus rejoindre mes pénates.

Jamais au grand jamais - Je Pilote mon auto by JustVisitingThisPlanet


C’est probablement à ce moment que je me suis réveillé, en nage, au milieu de mes draps défaits. Ma femme, réveillée par le bruit de mon cauchemar me demanda de quoi j’avais rêvé.

Après lui avoir conté ce rêve, elle me demanda : « Mais, c’est quoi cette histoire de vitesse et de position? »
 Ô désespoir, le cauchemar continuait. De fait, ma femme et la mécanique quantique, c’est un peu le vide face à la matière, la singularité gravitationnelle occultée par un horizon absolu, bref, l’incompréhension totale.

Oui, cher lecteur, je vois que tu as du mal à suivre, mais la rentrée, c’est dur pour tout le monde.

Alors pour toi cher lecteur, et pour ma femme qui lit également ce blog au lieu de faire le ménage, je vais t’expliquer plus clairement cette incertitude d’Heisenberg avec un exemple facile à comprendre de tous.



A l’instar de l’expérience du chat de Schrödinger, la cuisine peut expliquer la physique quantique au quidam sachant beurrer une tartine, ou tartiner une tartine, c’est selon.

Pour l’incertitude d’Heisenberg, nous aurons besoin de chicons (ou d’endives si vous venez du pays de Voltaire), de sucre, de beurre, et, surtout : une grande bouteille de Rochefort 10 (ou toute autre bière brune à votre goût, de préférence trappiste).



Enlevez les feuilles extérieures de chicons, et coupez le cône de base en incisant l’intérieur, comme on le fait pour enlever la queue d’une tomate (pauvre tomate). C’est ce qui rend le chicon amer. Passez les sous l’eau froide, et égouttez.

Là, vous connaissez votre position : normalement, vous êtes dans la cuisine.

Ça tombe bien, le frigo est probablement à portée de main, servez-vous une Westmalle.



Faites chauffer une poêle, et mettez y le beurre. Une fois le beurre bruni (nous avons un beurre à la Carla, comme me le disait encore un pote amateur de calembours, lors d’un carbonara nocturne), disposez les chicons élégamment dedans.

Beurre à la Carla, avec des chicons élégamment disposés


Buvez une gorgée de Westmalle. Mais attention, pas trop vite, car vous êtes toujours dans la cuisine !

Sucrez (je mets deux cuillers a soupe de sucre). Videz la moitié de la bouteille de Rochefort sur les chicons, et couvrez.

Le feu doit être mis au minimum.

Maintenant, vous avez un petit peu de temps. Profitez-en pour faire un peu de vaisselle, question de bien montrer la bonne volonté dont vous faites preuve en tant qu’homme de science, et profitez-en pour aller voir si la réserve de caillets est suffisante pour l’hiver.

Là, une subite sensation de sécheresse prend votre gorge, vous devriez boire un coup. Mais vous n’êtes plus dans la cuisine (à moins que vous ne soyez de l’école de Copenhague, et ayez la réserve de caillets dans votre cuisine, mais vous êtes alors dans la catégorie de gens dit « bizarres »).
 Bref. Première constatation : il faut vite retourner dans la cuisine.


Là, les chicons ont déjà bruni un petit peu. Il est temps de les retourner.

Là, on est bien.



Remettez deux cuillers de sucre, et la seconde moitié de Rochefort.

Vous avez mal au cœur. C’est normal. Septante-cinq centilitres de Rochefort 10 dans un plat, ça fait toujours un peu mal au cœur.

Tiens, profitons-en, nous sommes à portée de mains de la Westmalle. Prenez-en une rasade : vous êtes dans la cuisine.
Pris d’un doute, vous allez vérifier que vous aurez assez de Westmalles pour passer l’hiver rigoureux qui s’annonce.

Vous allez dans la cave vérifier que vous disposez bien des quarante-deux bacs nécessaires à la saison hivernale. Oui, quarante-deux.
Ce n’est pas de moi, c’est d’Arthur. Arthur Dent, pas mon fils hein.

A la vue de cette merveille architecturale composée de magnifiques bacs, vous en goûteriez bien une. Las, votre verre est resté dans la cuisine. Il faut vite y retourner, d’autant plus que les chicons doivent être à point!

Chicons à la Heisenbergh


Gagné ! Ils sont magnifiques. Caramélisés, d’un doux amer rappelant un Orval jeune dégusté par un temps ensoleillé sur une terrasse ardennaise.

Ils iront à merveille avec une Westmalle.

Ça tombe bien, elle est à vos cotés.

Que nous montre cette expérience ?

Que votre verre de westmalle s’est vidé pendant la cuisson ?
Que vous n’avez pas assez de caillets ?
Que la Westmalle, c’est quand même foutrement bon ?


Non. Cela démontre que nous connaissions la position de la Westmalle dans la cuisine, mais qu’à force d’aller vérifier les niveaux de caillets et des réserves, nous ne savions pas la vider si nous n’étions plus à coté d'elle.

C'est ce qu’à voulu expliquer Jean-Louis Heisenbergh: "avant de partir de la cuisine, il faut soit vider son verre, soit le prendre avec soi".


Élémentaire. Et merci, Jean-Louis.

 Bon, je vais faire mes caillets, à défaut d'avoir servi aux barbecues cet été, ils ont chauffé nosse maujone.

Triste vie.



Ps: merci à l'éclusier pour la relecture.

lundi 23 juin 2014

la différence entre la bêtise et le génie, c'est que le génie à ses limites...

Kikoolol les zaminches!


 Non, je ne vous oublie pas. Certes, mes messages sont plus ou moins espacés selon mes occupations, mais vous restez dans mes priorités.
J'en vois certains circonspects, voire même dubitatifs quant au sujet de ce présent message, mais rassurez-vous. Ce titre, en plus d'être plein de vérité, est aussi l'accroche de mon livre de vacances.

 Car, oui, je suis vacances. Encore dans ce pays ou l'huile d'olive et l'ail donnent l'odeur à la sueur des autochtones, ou le Bacalao s'écrit Bacalhau (ils ne sont même pas foutus d'écrire correctement), et dont la seule picrate buvable vient des abords d'un fleuve dénommé Douro.

 Je passerai donc, pour votre bien, sur les méfaits de la bière lusitanienne, de cette saloperie de sable balnéaire s’immisçant entre les orteils, cette chaleur suffocante et leur connexion internet au niveau de leur PIB.

 Par contre, chose qui me réconforte, c'est qu'en cette année de foire footballistique, les supporters de la première heure sont là. Sur la plage, dans les rues, à la piscine, partout. De toute nationalités. Habillés de couleurs chamarrées: qui d'une tunique rouge et verte, qui d'une tunique blanche et rouge, qui d'une tunique bleu et blanc... Tous aux uniforme de leur équipe nationale respective. Il est par ailleurs comique de remarquer la couleur rougeâtre de leur peau, leur bedon altier au sommet de ces sandales de plages communément appelées "tongs" et l'haleine alcoolisée sortant de leur trou servant de bouche pour chanter des chants incongrus en ces contrées pourtant si calmes d'ordinaire, sorte d'intersection dans cet ensemble de couleurs. Chose me réconfortant également, c'est l'attitude du supporter moyen, qui me rappelle à tout instant que le sport populaire n'a que les supporters qu'il mérite. Je viens d'un pays ou la première division de football s'appelle la "Jupiler League". C'est pas pour rien.

 Soit.

 Je ne serais donc pas reposé en rentrant de ces vacances, entre la chaleur lourde de la journée empêchant tout somme, les nuits à supporter les voisins fêtant une victoire quelconque à la quelle ils n'ont pu contribuer malgré leurs efforts bibitifs, et le petit quémandant sa sortie quotidienne à la piscine, je suis moult occupations, même en période de repos. Le pire est que je n'aurais pas tondu ma pelouse pendant ce temps, et n'ose imaginer le chantier de verdure m'attendant au retour. Bref, la catastrophe.

Aaah, l'Allemand, quelle belle langue!

 Heureusement, il n'y a pas deux semaines, je me suis permis une escapade en montagne avec un ami, et avons gravi avec brio, force et vigueur (non, je n'exagère point) les deux sommets prévus pour l'occasion. Il s'agissait du Pic de la Grave et du Râteau de la Meije sommet Ouest, en autonomie.

 Certes, les mauvaises langues diront que question râteaux, je suis un habitué, mais pour une fois, ce fût plus qu'agréable. Je n'ose ajouter des photos de cette escapade ici, cela aurait un petit côté "diaporama de retour de vacances", le coté beauf en moins.

 Il faut dire que nous faisons cela sérieusement: bivouac en cabane, montée à la dure, pas de Westmalle (un oubli parmi d'autres) et levé aux aurores, descente endiablée du glacier de la Girose en mode fou-fou aux cotés de l'équipe féminine Russe de ski s'entraînant dans le coin pour l'occasion. L'occasion de nous voir monter, bien sûr, nous sommes des sommités dans le monde restreint de l'alpinisme de nos cercles respectifs.

 Mais bon, tout cela est loin de ce qui nous préoccupe en ce moment: cette foutue coupe du monde, ou j'ai même pris part indirectement en faisant des paris plus que stupides avec mes amis. Mais attention: bien que n'y connaissant rien, je me suis bien renseigné sur les cotes données par les bookmakers de la perfide Albion (les meilleurs dans la luxure et le stupre),  l’hygrométrie moyenne du lieu du match, l'état de la pelouse ou allait se dérouler le combat de Gladiateurs des temps modernes ainsi que le bulletin de santé des filles (ou hommes, nous sommes au Brésil, ne l'oublions pas!) de joies avec lesquelles ces derniers passaient leurs nuits sur place. Bref, le hasard maitrisé.Je suis par ailleurs assez fier de mes classements actuels.
Z'ont tout compris ces 'Ricains

 Tout cela pour vous dire quoi chers amis? Que je suis revenu à la lecture par ennui, et par manque de physique sous un soleil de plomb? Que le petit les pète (les plombs, faut suivre que diable) à chaque fois qu'il entend le mot piscine?
 Non. Que le troisième match de la soirée va commencer.

 Oui, troisième.

Que c'est long, une coupe du monde....


 Je ne vais pas faire de caillets, les voisins hurlent déjà: je ne sais pas si c'est le Portugal ou l'Angleterre qui vient de marquer.


En vous remerciant, bonsoir.











 


vendredi 23 mai 2014

Je deviens vieux


Kikoolol les zaminches !

 Dur constat en ce mois devant célébrer le retour d’un temps digne des plus grands barbecues, sonnant le glas des saint de glace, et devant clôturer une morne année académique.

 Cornegidouille.

 Il m’a fallu à trois fois avant de redémarrer ma tondeuse. Attention, ce n’est pas la première fois que je la démarre cette année. Non, y a à peine un mois, ça partait sous seul. Normal, en avril, profitant d’une journée ensoleillée, je fis l’entretien complet la machine à méditation.

 Oui, cher lecteur, je médite quand je tonds. Je médite également lorsque je fais la vaisselle ainsi lors de mes yoggings tri hebdomadaires. Je médite souvent. Pas de mauvais coups, comme pourraient le penser les mauvaises langues, bien que je ne vois pas comment une langue, aussi bonne soit-elle, puisse penser, à l’instar des hominidés de sexe faible. Non. Je médite quand je m’emmerde. Comme à la pêche.
 Enfin soit. Elle ne démarra pas du premier coup. Ni du deuxième d’ailleurs. Après avoir vérifié la bête, et admis que aucunement mon entretien ne fût en cause, je me rendis compte de la mollesse de mon auguste geste afin d’enclencher le démarreur. Vous savez, ce geste large, tel celui du semeur moyenâgeux, pour tirer cette stupide cordelette afin de lancer l’injection du carburant, générer de la fée électricité pour la bougie, tout en entraînant déjà cette foutue lame  coupant le gazon.

 En me redressant, je senti une douleur là. Et aussi là. Pourtant, je ne fais point de folies de mon corps ces derniers temps. J’ai bien eu un week-end festif il y a un mois, mais bon, cela n’explique sûrement pas la chose. 

 Je m’essouffle parfois en montant les marches d’escalier. J’ai même parfois du mal à conduire après la ouitième Westmalle. Je me sens un peu patraque et fais parfois des insomnies.  Il m’arrive même de m’essouffler dans mes maîtresses, à l’instar de notre Pierrot tant regretté. Je pense avoir un bon vieux fibrome métastasé, mais quand je vais voir l’oncologue, il me conseille un psy. Et dieux sait qu’un homme ayant fait le serment d’Hippocrate ne peut conseiller une personne ayant fait acte d’une science flasque. Sûrement un vendu. C’était probablement le serment d’hypocrite.

Fichtre. Je suis perdu. 

 Quand ma tondeuse démarra, je sentis une joie indescriptible, partant de là, allant vers là. Je vis toute ma vie défiler devant moi. Telle la fois ou je fis ma première chute en escalade. Oh, une petite, rassurez-vous,  mais une chute de cinq mètres quand même. Si je n’avais pas été assuré par mon fidèle compagnon de cordée, j’aurais dû finir avec mon dos brisé sur les rochers affleurant de l’endroit de départ. Comme ma vie n'est pas encore bien longue, et la chute assez courte, elle eût toute l'occasion de défiler devant mes yeux.

 C’est drôle. Plus je vieillis, plus je me pose des questions. Quand je ne sais pas dormir, d’habitude, je me retourne de l’autre côté, et pense à ma prochaine ascension, et me réveille le lendemain. Là, non. Je gamberge. Je pense à tout, à rien, et surtout au pire. 

 Tel un vieillard ruminant le passé tellement meilleur que ce foutu présent.

 En allumant le téléviseur ce soir, je tombai sur une émission ou de vieux comiques étaient invités comme faire valoir pour un présentateur connu. Diantre. Même pas ma jeunesse. Ma jeune vie adulte. Les Nuls étaient déjà considérés comme faisant partie de l’histoire. Pourtant, Alain Chabat est un réalisateur contemporain reconnu, Chantal Lauby est une actrice « dans la place », et Dominique Farrugia produit de jeunes talents. Enfin. Pour la télévision, c’est le passé. Si les Nuls sont le passé, je dois être dans l’Holocène ! 

 Mais bon, c’est un fait indéniable, nous vieillissons tous. Cela me frappa singulièrement lorsqu’un jeune lecteur me fit remarquer qu’il utilisait un dictionnaire pour lire mes messages. Non pas que les mots étaient trop compliqués, non, simplement qu’il y en avait pléthore qui étaient peu usités de nos jours.Il s'était égaré par ici à cause du kikoolol introductif -pensant probablement tomber sur un blog de fans de Lady Gaga-, mais s'était entre-temps perdu dans les méandres de la complexité lexicale qui est visiblement une marque de fabrique en ces lieux, et s'était amouraché de la légèreté du ton générale.

 Finalement, c’est un peu rassurant. Si il y a forcément plus de vieux cons dans la population plus âgée, il semble que la relève soit assurée par de jeunes cons bien décidés à vieillir de la même façon. Cela respecte un certain équilibre naturel si bien décrit par Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Je suis heureux d'être lu autant par les vieux cons que les jeunes cons. Étant un con entre deux âges, je me sens moins seul, même si, manifestement, je vieillis aussi.

Allez, je vais couper des caillets pour mes vieux jours.

mercredi 14 mai 2014

Summer is coming



Kikoolol les zaminches!


En ces temps printaniers ou ma disponibilité fond comme neige au soleil, notez que c’est de saison, je me permets une petite bafouille avant de vous laisser avec ce mois de mai, où vous ferez sûrement ce qu’il vous plaît.

J’étais en train de discuter par une douce nuitée finissante, au coin d’un âtre ou crépitait un feu de bois d’essences de conifères délivrant un fumet de barbecue d’été, avec un quidam koppa au sujet, prêtant fortement à polémique certes, des points à attribuer au whist lors d’un piccolissimo, et si oui ou non, nous devions relancer les dés après une quinte flush royale sur trou si la personne à la droite du donneur est une femme blonde de moins de quarante ans ayant ses périodes.
 L’heure avançant, la discussion s’éternisa jusqu’aux aurores, et, a défaut d’avoir refait le monde, nous étions tous deux emplis de joie quant à la qualité du débat. Lors de cette discussion, ou mes arguments finaux firent figure de conclusion, je fus assez étonné du manque de rigueur et de la virulence dont peuvent faire preuve certains lors de joutes oratoires à sens unique. En effet, lorsqu’il remarqua que ma supériorité argumentaire allait clore le débat et sonner l’heure d’un repos bien mérité, il se leva et me lança froidement: « de toute façon, ils meurent tous dans Game of Thrones ».

Refroidi par autant de malveillance, abasourdi par cette mauvaise foi crasse et de manque de franc-jeu, je me mis en quête d’informations sur le sujet. Regardant la série avec dame Ygraine, je lus les résumés et autres livres trouvés sur la toile ou en librairie afin d’être le plus en avance possible sur ladite série.


 Au risque de décevoir certains, je ne spoilerai pas ici, j’ai trop de respect pour les gens qui sont capable de lire un livre sans commencer par les dix dernières pages. Mais cet appel à la terreur, cet argumentum ad metum pour paraphraser Goethe, a l’air de s’être si bien répandu dans notre société déclinante qu’il en devient un effet de mode. Il en devient même un Troll, lorsque vous apprenez que votre interlocuteur regarde également la série, et que vous lui lancez ou visage : « t’en es ou ? Machin est déjà mort ? », Machin étant n’importe quel personnage de la série. Les connaisseurs admettront que l’espérance de vie des protagonistes est tout sauf longue. Nous nous rapprochons de l’argumentum ad metum décrit ci-dessus, mais sans spoiler. Le Troll classe en somme. Car si spoil il y a, il serait totalement fortuit. Il m’arrive même de taquiner ma chère et tendre en lui lançant un Death pool sur l’épisode à venir, et de me retrouver avec un résultat plus qu’honorable. Il faut dire qu'avec les livres, nous sommes largement en avance sur ladite série.

C'est comme ça que ça marche!
C’est fou l’engouement populaire pour cette série. Aussi bonne soit-elle, elle n’est qu’un vague portfolio de la bêtise humaine largement commentée en cet endroit. Entre la guerre des deux Roses, les références au mur d’Hadrien, la guerre des cent ans et j’en passe, l’écrivain à bien puisé dans l’histoire réelle afin de faire de la Fantasy Épique. A raison d’ailleurs. Le lecteur ou spectateur Lambda se doit de se rappeler que cette fiction n’est en fait qu’un aperçu de ce qui s’est déjà réellement passé dans l'histoire de l’Humanité, mais en moins pire et moins glauque (HBO est une chaîne américaine quand même). On dirait que l’être humain aime à regarder ses cotés moins glorieux dans un miroir. Un peu comme les gens qui ralentissent lorsqu’il y a un accident. C’est à se demander ce qui se passe dans la tête des gens.

Je me posais également cette question lorsque notre quidam koppa de départ fit aveu de soumission avec son raisonnement foireux fallacieux afin d’admettre ses torts et, de facto, ma sagesse quant au comptage de points au whist. Bon sang, combien sont-ils dans sa tête ? Parlent-ils ensemble ? Sont-ce des lutins malicieux ou de terribles gobelins qui le dirigent ? Quand je vois nos édiles politiques discourir à la télévision, je me pose également les mêmes questions. Sauf, peut être, que là, je suis assez sûr qu’il s’agisse de terribles Gobelins, et qu’ils ne font que se battre dans la boite crânienne de nos chers représentants, ne cherchant certainement pas à être constructifs ou coordonnés.

La preuve en est : Barack Baratheon pousse José Manuel Stark à protéger les territoires de l’Est contre les assauts du vindicatif Vladimir Lannister. Le tout, sous l’œil incrédule de Xi Targaryen, qui attend son heure pour ramasser les morceaux, tout en chérissant ses petits dragons. Quand nous voyons que Tyron Sarkozy se marre bien en voyant François Frey se planter lamentablement, ne nous plaignons pas avec nos Didier Baelish, Elio Varys ou autres Cersei Milquet… Diantre que cette fiction est horriblement proche, non pas de l’histoire, mais de notre présent. Vivement les élections!

Maintenant, grâce à Game of Thrones, je comprends mieux le gloubi-boulga géopolitique actuel, et prépare
Mais ou va le monde?
de plus en plus activement ma retraite dans les Alpes. Dans ma petite vallée, avec mes chèvres et mes moutons, je devrais avoir assez de recul pour en rire.
 Ah, les Alpes. Bientôt les vacances. Chaque jour qui passe nous rapproche non seulement de notre fin, mais surtout de ces vacances tant méritées. Que j’ai hâte de voir mes Alpes chéries après dix heures de bouchons sous un soleil de plomb, je me vois déjà pester contre la cohorte de gastéropode batave peinant dans les côtes de la route Napoléon et trépignant à l’idée de revoir la Skyline des monts gravis ou à gravir. Afin d’agrémenter cette attente, je pense que je vais faire des barbecues tous les jours. Question entraînement, et surtout de liquider mon stock de caillets qui n’en fini plus de grandir.J'en ai tellement maintenant que je pense que je vais ouvrir une scierie.

 Vous vous demandiez sûrement ce que je devais faire de tous ces caillets, mais depuis que la cheminée est ramonée, j'avoue un certain retard à brûler ma réserve, tel un juge inquisiteur  ayant un stock de  sorcières ou de mécréants sur les bras.

Quand je pense à mon pauvre père, je n'ai pas à me plaindre. Avec les  tempêtes hivernales, le grand marronnier du fond du jardin vînt à choir sur la potale du domaine familial. Un monstre de douze mètres de circonférence, cinquante mètres de haut, des stères de bois incalculables pour un ingénieur volumétrique: des années de chauffage et barbecues en stock!

 Ce marronnier était là depuis des lustres. Des siècles, même, d'après les experts. Il berça l'enfance de générations. Pensez. Avec sa taille, les parties de cache-cache, d'airsoft ou autres un-deux-trois-piano, avaient une certaine dimension. Il marqua l'endroit de son empreinte, telle la patte d'un tyrannausorus rex sur le visage d'un analyste programmeur dans un film que nous allons éviter d'évoquer ici. Un comparse d'une de ces parties d'airsoft se lamenta l'autre jour: "vu mon tour de taille, c'était le seul arbre à me couvrir lorsque j'étais repéré, que vais-je devenir?".
 Il faut avouer que l'animal à la carrure d'une armoire normande, façon Vauban. Nous l'utilisions comme bouclier quand la foule se faisait pressante lors de concerts de métal. Mais il ne faut pas le lui dire, les lignes verticales de ses chemises l'amincissent. Il est tombé dedans quand il était petit, ce n'est pas vraiment de sa faute. Mais la tristesse touche tout ceux qui l'ont connu (l'arbre hein). Nous nous en souviendrons lors des prochaines côtes à l'os. Ou du Rhône, c'est à voir.

 Tout cela pour dire que même les choses immuables ne le sont pas nécessairement. Mais que non seulement elles ne sont pas immuables, mais que en plus, elles peuvent receler de ressources à barbecue inespérées, à l'heure ou l'Humanité se pose des questions quant aux ressources planétaires en hydrocarbures. Je sens que nous allons trop loin. Je vais vous perdre. Abrégeons nos souffrances.



Je vais vous laisser, car, en mai, je fais aussi des caillets. Même si nous avons maintenant une réserve familiale.